Garde-à-vue de Dieudonné: Qui sème le vent, récolte les flatulences des cons.






Je le répète pour ceux qui ont les yeux du cerveau crevés : Je précise que je n'ai jamais soutenu Dieudonné, qu'il ne m'a jamais fait rire, et qu'avant même qu'il devienne paranoïaque et mono-obsessionnel antisémite, je le traitais déjà en face de grosse merde caricaturale depuis la fin des années 90.

Voilà pour le préambule.

Vous vous rendez bien compte que deux types, la semaine dernière, ont surgi avec des Kalashnikov dans une rédaction, ont abattu la moitié de l'assemblée au nom d'une limite fixée à la liberté d'expression? Une semaine plus tard, le gouvernement, les politiques, des milliers de personnes sur Internet réclament qu'on limite l'expression en vertu du MÊME principe que les terroristes la semaine passée! Mais de qui se fout-on là? Je le répète, demander une limitation de l'expression de chacun pour des raisons de respect (pour telle ou telle communauté, religion, idée politique...), de blasphème ou encore d'avis totalement opposé au sien (donc par principe qui "mal"), c'est exactement la même chose que de dire qu'une fille a mérité de se faire violer parce qu'elle portait une jupe... Ni plus, ni moins!


Il y a les chiens de dieu et il y a les chiens de l'état. Même combat.

Histoire de bien faire retourner les caricaturistes de Charlie Hebdo dans leur tombe, sachez que c'est l'état et non les citoyens qui défend la liberté d'expression, en fixe les limites et vous dit ce qui est bien de penser et mal de penser. Quand j'entends tous ces gens, ces jours-ci, mollarder sur les caricaturistes, à leur esprit libertaire, quand je les vois être outragés par la mort d'innocents français sur le territoire tout en fermant leur gueule honteusement sur les centaines de milliers de morts innocents faits par notre armée dans les pays du Moyen-Orient depuis des décennies et ça continue encore et encore.

Quand je vois les gens s'offusquer des islamistes ici tout en fermant leur gueule sur le fait que la France a financé les islamistes radicaux (d’Al Qaida)  du Moyen-Orient à hauteur de 58 millions de dollars depuis 2008 pour soi-disant lutter contre Bashar al Assad et autres. Pas un seul blaireau de "Je Suis Charlie" n'a jamais dénoncé ça, se ralliant maintenant à un gouvernement en passe de voter des lois liberticides au nom de la lutte contre le terrorisme. Pas un seul "Je Suis Charlie", ou presque n'a jamais été libertaire, jamais été pour la défense absolue de la liberté d'expression, pas un seul ou presque "Je Suis Charlie" n'a jamais été Charlie Hebdo! Retournez à vos casernes de citoyens pousseurs de caddie, chiens d'état, chiens du politiquement correct, chien d'une nation qui n'a de pro-liberté que les frontons des mairies.

Assez de cette posture schizophrénique des « défenseurs des libertés, de toutes les libertés ». Lorsque Charlie Hebdo publia les caricatures de Mahommet, quand Charlie Hebdo fut incendié, tous ceux qui appellent à « limiter » la liberté d’expression sous la coupe de l’état n’ont rien dénoncé, pire, ils ont pour beaucoup expliqué que Charlie Hebdo était islamophobe, raciste, qu’il méritait grosso modo des représailles.

Les symboles ont de l'importance. Le harcèlement d'état dont il est victime, au-delà même de toute forme de raison, le met dans la posture d'un criminel ou d'un dangereux terroriste, en ce sens qu'il est sous surveillance, sous contrôle, poursuivi. Les symboles ont de l'importance. Pour nous, les caricatures de Mahomet sont au pire de mauvais goût, pour les islamistes radicaux, c'est une attaque en règle des fondements de tous leurs principes... C'est la même chose pour Dieudonné. Ce qu'il dit -que je n'ai jamais crédité ni apprécié- est considéré comme une attaque profonde de la part de nombreuses personnes. Cela leur donne apparemment le droit de harceler judiciairement un homme et de tenter de l'abattre par la loi, l'abus de loi, etc. Ce que je dénonce, c'est la méthode, le symbole: attaquer Dieudonné, le faire arrêter dans la semaine qui suit le massacre d'autres penseurs libres, c'est hautement symbolique. Pour info: un arsenal de lois liberticides est en œuvre pour soi-disant lutter contre le terrorisme. Mais ça, au nom des limites que vous ne fixez pas vous, vous fermerez vos gueules. Comme vous le faites depuis toujours.

Qui sème le vent, récolte les flatulences des cons… 

Et pour conclure, je fais mienne la phrase de Orwell : « Parler de liberté n'a de sens qu'à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre

Léonel Houssam



"Aux mains de l'état, la force s'appelle droit. Aux mains de l'individu, elle se nomme crime". In "chromosome Y", Berurier Noir.

Commentaires

Jeremy Berenger a dit…
De quelle liberté d'expression parles-tu, Léonel ? Et de quels "Je suis Charlie" ?
Perso j'ai répondu à cet appel parce que trois tarés ont flingué, outre les personnalités que l'on sait -pour qui je n'avais pas d'estime ni d'admiration particuliers- des gens comme on en rencontre tant dans la rue, qui pourraient faire partie de mon entourage. Qui ont eu le malheur de se trouver là où il ne fallait pas. J'ai pris part à la marche dans mon petit bled, je n'ai pas entonné la Marseillaise, hymne que j'ai en horreur et auquel je préfère le "Chant des partisans". Mais je ne suis pas dupe de ce qui se trame en arrière-plan, qui n'a rien à voir avec les théories du complot, qui au contraire me paraît clair et limpide.
J'ai des potes musulmans qui ont la trouille. La mosquée de mon bled a reçu des coups de feu. On croise des regards inquiets sous les voiles, sur les traits des chibanis. Les beaufs s'excitent. Dont Dieudonné.
Dieudonné fait partie de ces gens pour qui la provoc' tous azimuts, surtout en dessous de la ceinture, est un business. Il y en a d'autres, qui publient, se produisent, et ramassent énormément de fric avec ça. Dieudonné vit d'un système dont tu es exclu, dont je suis exclu, qui s'appelle le show-biz, et qui par le jeu de réseaux dont nous sommes exclus également, permet à des plus cons que nous de publier, de se produire, de tourner n'importe quelle merde, de disposer d'une promo, d'une visibilité. Des Beigbeder, des Houellebecq, des Zemmour, des Finkelkraut, et je te passe la colique des chanteurs de variétoche et autres tourneurs de nanards à ramasser des Césars quand objectivement, ils n'arrivent même pas à la cheville du plus pourrave des Max Pécas. L'athanor apocalyptique, qui transforme la merde en or par le truchement d'un écran et d'une tripotée de chaînes toutes analogues les unes aux autres, fabrique ces gens et formate le "grand public" à voir en eux des références, des maîtres à penser, à les considérer comme des artistes, des intellectuels, des stars.
Mais essaie donc, toi, de monter un spectacle, de chercher à publier tes bouquins chez un grand éditeur parisien qui t'ouvrira, en cas de ventes importantes, des opportunités en direction du cinoche, de la télé. Propose un scénar', un projet de série TV à une boîte de prod'. Envoie tes crobards à ce qui reste de Charlie ou au Canard Enchaîné. Fais-le et attends la réponse. Ben mon pote, tu risques d'attendre longtemps au fond de ta province. Tu risques même de voir tes projets conquérir le public sous la signature d'un autre. Un de ceux dont le moindre pet lui rapporte son lot de dividendes, parce qu'il a une visibilité, des réseaux, et pas toi.
Voilà ce que je pense de la liberté d'expression. Pas plus que toi, Léonel, je ne perdrais mon temps à pondre du blog pour recueillir un putain de commentaire de loin en loin, s'il y avait dans ce pays une liberté d'expression, un pluralisme, un brassage culturel... autre chose que leur saloperie d'exception culturelle qui est rien moins qu'un reliquat de cette féodalité dont ce pays n'a jamais été foutu de se décrotter.

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