Je n’appelle à aucun bord politique

 

Léonel Houssam

Pour rappel, les oligarques et leurs troupes de sbires dociles veulent massacrer nos régimes sociaux non pas parce qu’ils sont déficitaires, mais parce qu’ils ne rapportent pas de fric à leurs copains. Ajoutons que si l’on baisse les cotisations patronales (perçues comme un coût par les boss) mais aussi salariales, ce sont des dizaines de milliards d’euros qui seront transférés des caisses solidaires vers des caisses privées (assurances, fonds de pension, etc.) qui, d’année en année, tireront toutes les prestations vers le bas pour distribuer plus de dividendes à leurs actionnaires spéculateurs.
Pour ceux qui ne le savent pas, une simple carie coûte plus de 500 dollars aux États-Unis. Si vous avez une assurance payée par votre employeur, vous n’êtes pas forcément pris en charge. Même topo en Suisse où les caries ne sont pas remboursées du tout (entre 200 et 300 euros). Je cite ces deux pays mais je pourrais en citer beaucoup d’autres. Une carie, c’est rien ? Mais 300 balles, ce n’est pas rien pour un smicard (et stop le cliché sur la Suisse : 1 Suisse sur 6 vit au-dessous du seuil de pauvreté). Pire : les assurances privées conditionnent certains remboursements de traitements contre le cancer à la capacité de survie du patient à moyen terme… Cool la privatisation de la sécurité sociale, hein ? Idem pour l’assurance chômage (prévue dans les cartons depuis 20 ans : AXA a déjà son logiciel de gestion du chômage, comme d’autres), qui est surréformée pour être privatisée. Idem pour la retraite, qui n’existera que pour ceux qui auront les moyens d’investir dans des fonds de pension. Les autres auront des minimas dérisoires.
J’ajoute que les fonds de pension — ceux qui paient les retraites des Américains, Canadiens, Hollandais et bien d’autres — investissent massivement dans les appareils productifs avec une obligation de bénéfices d’au moins 12 %. Conséquences ? Les entreprises qui voient ces fonds entrer dans leur capital compriment au maximum la masse salariale (exemple : Sanofi en France, mais aussi des milliers d’entreprises qui ont fait des plans sociaux alors même qu’elles réalisaient des bénéfices record).
Voilà la réalité, bien loin de ce que racontent les médias mainstream inféodés à 9 ou 10 oligarques qui se fichent complètement de 99 % de l’humanité.
Si vous saviez déjà tout ça, likez et combattez sans relâche. Si vous ne saviez pas, je peux développer quelques points en privé. Mais surtout, lisez, informez-vous auprès d’auteurs, d’économistes, d’experts réels sur ces sujets.
Jetez les journaux mainstream, les télévisions et les radios mainstream. Jetez tous les partisans de cette privatisation en cours. Ne votez pas (si vous votez) pour ceux qui vous balancent qu’il faut moins cotiser pour gagner du pouvoir d’achat : sinon, vous êtes certains d’une paupérisation généralisée des classes populaires et moyennes en moins de 10 ans. C’est le cas partout où ces méthodes ont été appliquées.
En revanche, si vous êtes d’accord avec ces privatisations méthodiques (par découpes successives et peu perceptibles pour ceux qui n’ont pas le temps ou qui n’y comprennent rien), eh bien, allez-y. Mais ne me cassez pas les c… avec vos contre-arguments bidons, répétés 24h/24 par tous les ultralibéraux, de la gauche jusqu’à l’extrême droite (et surtout le RN, qui est à fond pour tout ça, tout autant que les macronistes et autres margoulins). Je n’appelle à aucun bord politique. Je dis simplement à ceux à qui il reste encore un peu d’esprit critique de ne jamais taire ces réalités tant qu’il en est encore possible.
Si vous n’êtes pas vieux, pas en situation de handicap, pas malade, c’est sûr que vous n’en avez rien à tringler. Mais n’oubliez pas que les problèmes de santé et les accidents de la vie, c’est toujours devant soi…
Sinon, tu reveux du jambon avec ta purée ?


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