C’était mieux avant, c’est pas pour moi
Un défaut que je n’ai pas, c’est bien de ne rien trouver de mieux avant. Autrement dit : c’était mieux avant, c’est pas pour moi. Malgré ça, je prends un petit plaisir à tirer parti de ma longévité... Le passé est forcément beaucoup plus long que le futur. Un petit privilège de vieux, ça.
Lorsque tu as 7 ans, tu ne perçois pas le temps de la même manière, mais tu sens bien que l’avenir risque d’être un truc chronophage. Tandis que le passé, fait d’un tas de flash-backs, semble être un marécage qui s’enfonce dans un brouillard épais.
Quoi qu’il en soit, j’ai accumulé des couches et des couches de souvenirs que je peux servir en plat de résistance, en dessert et bien sûr en digestif, à tout bout de champ, comme si j’étais une sortie d’égouts se déversant dans la mer.
Ce qui m’a le plus marqué... Enfin, c’est difficile de dire « le plus marqué », disons ce qui m’a fait ressentir le sucre de la vie... Il s’agissait de ces moments où j’ai pu goûter l’ivresse joyeuse et entêtante de l’existence : les Eldorados, les conquêtes de l’Ouest, les Cités d’or, putain les Cités d’or ! Ce truc merveilleux qu’ils nous avaient fourré dans le crâne jour après jour pour que ça ne quitte plus nos vies.
J’en ai traversé deux. L’arrivée des raves en France, suivie de la déferlante internet. Des Far Wests certes festifs ou virtuels, mais pas tant que ça, loin de là, lorsqu’on voit ce que sont devenus les internets, les réseaux sociaux...











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