La peur qu’ils ressentent est aussi jouissive
C’était aussi doux l’enfance, cette ère malencontreuse que nos géniteurs nous ont obligé à vivre. Et encore, je ne me plains pas… Il y a des gosses qui ont vécu bien pire, dont certains ont fini dépressifs chroniques, psychopathes ou junkies… Sans oublier ceux qui reproduisent le crime dont ils ont été les victimes.
Mais après tout, il fallut que j’en passe par là pour devenir celui que je suis devenu.
Des années que j’écris des romans qui racontent, en réalité, tous les crimes que j’ai commis et pour lesquels, dieu merci, je n’ai toujours pas été pincé.
Désormais, je me suis assigné un rôle bien précis — une mission, un challenge, un but !
Sauver le monde ?
Je plaisante… pas vraiment.
J’ai plutôt opté pour une chasse à l’homme perpétuelle.
Et en l’écrivant très explicitement dans ce nouveau roman, je cours un vrai risque de me faire pincer. Un flic intelligent fan de polars, ou un lecteur trop curieux, pourrait s’apercevoir qu’ici, pas un mot n’est fiction.
J’imagine qu’avec les années, je fatigue un peu.
Ma mission touche à sa fin. Même les plus brutaux, les plus solides… finissent par flancher.
Des années à camoufler, à effacer toute trace, tout en témoignant au grand jour dans des romans à succès.
L’horreur fascine. La peur qu’ils ressentent est aussi jouissive qu’un shoot de pure…
Alors je fais ce que je sais le mieux faire : écrire ma biographie, mais avec l’estampille “ROMAN”.










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