Culture française : le mainstream au service des oligarques


 👊🖕👉🏼 Qu’on se le dise, le mainstream libéral à tendance bobos grand-cœur grandes-causes est en train de prendre la flotte, embourbé dans sa soif insatiable de reconnaissance, de célébrité et tout de même de fric.

Bolloré fait tout ce qu’un homme d’affaires sans pitié sait faire : « il y a un marché libre, je le prends ». Etant donné que les réacs étaient tout rabougris dans leurs slips depuis quelques décennies, il a piffé le filon (en adéquation avec ses convictions de crevard fortuné). Racheter des « Marques » médiatiques, culturelles à fort impact national afin de les réorienter vers cette clientèle de français tristes, fragiles de la conviction et profondément aigris. Les « valeurs », les « traditions », « l’identité », tous ces termes qu’il sait mieux que d’autres traduire en gros business bien juteux.

Alors le mainstream culturel qui a régné sans partage sur la France est en panique. L’éternelle antienne de la lutte contre l’extrême-droite est une fois de plus chantée pour tenter de colmater les brèches. Les plus « courageux » quittent le navire BOLLO pour tenter de rejoindre des rives plus favorables et notamment le bateau de croisière libéral-libertaire de Pigasse qui, lui aussi, en bon homme d’affaires, a repéré le filon lucratif des socialo-caviar-c’est-pas-bien-Pétain…  

Pour les moins « courageux », les plus cons-vaincus, ils tournent autour du pot, contraints par un contrat juteux avec le groupe Canal, Fayard, et je ne sais quelle autre propriété du faux breton BOLLO. Ils font le tour des plateaux des médias Bouygues, Saadé ou des médias publics désormais fermement tenus par la Macronie. Djamel Debouzze, quelques membres de Groland et une floppée d’autres anciens « combattants de la liberté et du vivre ensemble » ont choisi de s’écraser et continuer à simuler ce qu’ils ont toujours simulé : la lutte contre les méchants d’extrême-droite.

Dans ce mainstream qui défend « des valeurs universelles », aucun n’a de convictions réelles. Bouffons des nouveaux seigneurs, dirigeants corrompus, affairistes oligarchiques et petits opportunistes de tous bords, ils veulent continuer à gravir les marches de Cannes, à faire des discours de remerciements soporifiques à des remises de prix des « professionnels de la profession » qui se cooptent sans fin depuis des lustres. Le microcosme culturel est devenu un macrocosme de clowns glauques éperdument emmourachés de leurs égos constipés. Les stars, les vedettes, les starlettes et toutes les équipes qui gravitent autour se sont gavées comme des oies, transformant ladite « exception française » en Disneyland bien-pensant, sans mâche, sans panache, sans prise de risque.

Il y a quelques exceptions bien sûr, mais généralement, il s’agit d’artistes qui ne sont pas du sérail, des exceptions qui confirment la règle, des pas « fils de », « cousins de », « parents de », « amis de »… Ce petit monde a verrouillé la création depuis TRES longtemps, sous l’égide du pervers pépère Jack Lang, l’effet d’aubaine a attiré des médiocres artistiquement mais très doués pour cirer les bonnes pompes et lutter pour des combats d’arrière-garde ou qui ne mangent pas de pain. Ils ne sont jamais les relais acharnés des citoyens. Il y a quelques années – je n’ai plus les chiffres exacts en tête – mais une étude avait révélé qu’environ plus de 80% des scénarii de films français se déroulaient dans des milieux bourgeois. Personnages principaux ou pas, il ne s’agit que de profils qui gravitent à minima dans la couche CSP+ de la société.

Ce mainstream que l’on découvre encore plus lâche que ce qu’on pouvait imaginer, tente à tout prix de garder le contrôle de ce qui doit être créé, diffusé, distribué et donc vendu. Aucun ou presque ne conteste l’orientation purement et uniquement mercantile de l’art à destination du grand public et des publics de niche. Tout en eux sent la soumission à un ordre capitaliste avec de vagues protestations pseudo droit-de-l’hommistes pour faire bonne figure.

Désormais, les célébrités ont à choisir les élites oligarchiques qui leur correspondent au mieux. Le camp macronisto-socialo-lesrépublicains-tendance-pas-Ciotti : famille Bouygues, Saadé, Niel. Le camp rebello-pinard-pétard-la-révolution-c’est-surtout-dans-la-tête : Pigasse & les rebelles du Bitcoin de gauche. Et enfin Bolloré dont on ne présente plus le fond de commerce. Aucune de ces célébrités ne sort du jeu, aucune (ou presque) ne propose de rallier des structures collectives autonomes sans liens avec les précités. Et pour cause, niveau lucratif, on n’y est pas. Niveau visibilité non plus même si quelques chaines Youtube et autres machins internet ont une bonne audience (dans les limites des règles restrictives de ces plateformes aux mains d’autres oligarques). A cela s’ajoute que ça en sera fini des marches de Cannes, des prix dédiés et sans cesse biaisés, des cérémonies diverses et des plateaux de télé qui n’invitent que des stars « biens sous tout rapport ». L’angoisse pour ces vedettes de l’art consensuel. Les convictions profondes ne résistent jamais aux avantages de la notoriété et tous les privilèges qu’elle apporte.

Trêve de naïveté et de bêtise. Leurs luttes égocentriques pour « empêcher la mainmise de l’extrême-droite » sur la « culture » ne font plus illusion. Quand une loi propose de condamner des teufeurs, des associations, des artistes technos qui se produisent dans des lieux anticapitalistes, il n’y a plus personne, quelques protestations de façade et tout le monde retourne dans son cinéma, son théâtre, sa salle de concert et ses librairies. Ces vedettes « têtes de gondole » n’ont jamais rien apporté à ladite culture, tout juste des dénonciations « ça mange pas de pain » et surtout, avant tout, du divertissement pour le salarié fourbu qui a besoin de décompresser après le boulot, pour des retraités en galère, des chômeurs désespérés. Il faut bien amuser le peuple. « Panem et circenses » dit-on depuis l’antiquité : « Du pain et des jeux » !

Je ne leur en veux pas de défendre leur bout de gras mais franchement qu’ils cessent de se prendre pour ce qu’ils ne sont pas. Hormis quelques exceptions, ce petit monde se laisse engloutir par les nouveaux tyrans, en bouffons taffant pour telle ou telle officine, en gesticulant dans la cour de tel ou tel néo-monarque du business. Certains ont peur, d’autres sont « révoltés » mais tout le monde retourne dans ses beaux appartements, dans quelques quartiers barricadés à Montmartre, à Saint-Tropez ou dans les calanques magiques pour riches de la côte d’Azur. Les « authentiques » ont tout de même leur pied à terre en Corrèze, à Biarritz ou sur l’île de Ré. Je caricature à peine.

Ce que je dis ici, je l’écris depuis très très longtemps (avant le beug de l’an 2000, c’est dire si je suis vieux) et loin de moi l’idée d’envier ces petits mondes opportunistes et suffisants, faussement avenants et carrément égoïstes. Rien d’eux ne peut faire rêver les artistes authentiques (je ne parle pas de qualité artistique, je parle de convictions). Saluons les centaines d’associations indépendantes de tout financement public, les centaines d’éditeurs indépendants qui n’ont jamais de relais médiatiques sérieux et qui perdent plus de fric qu’ils n’en gagnent, les libraires qui mettent en avant les indépendants, les bibliothèques qui poussent des artistes sans concession, les théâtres indépendants, etc. Le mainstream s’en fout, le mainstream crie courageusement : « C’est mal la guerre, c’est pas bien les fachos, c’est moche la pauvreté, l’oppression des minorités, la chasse aux migrants, etc. » Aucun pourtant ne remet en cause ce qui le nourrit, le glorifie et le place au-dessus du commun des mortels. Aucun ne se bat pour des causes par lâcheté, par trouille, par confort et par cynisme. Et s’ils le font à l’avenir, c’est uniquement parce que le vent se tournera vers d’autres cieux politiques et idéologiques. Ils n’iront pas jusqu’à adhérer au RN mais ils feront de leur création des œuvres qui n’enfreindront pas les lois liberticides qui pullulent depuis deux décennies.

Je ne me ferai toujours pas de copains parmi eux, au contraire, mais je m’en fous. Créer, c’est aussi sacrifier les compromissions, rester anonyme, mais ne rien lâcher, cracher sincèrement ce que l’on a à dire, écrire, chanter en se détournant des visages saupoudrés des bouffons du mainstream.

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