Poutine / Ukraine: la Grande bataille



Poutine exprime parfaitement sa conception de l'expression populaire en envahissant la Crimée... Il ne veut pas que ces effluves d'expression libre (et consumériste) submerge son régime politique autoritaire pour vieux russes. Il jette l'infime population jeune de son pays dans la tension militaire pour sauver la chimère d'un pouvoir puissant à l'instar de celui des plus grands Tsars. En réalité, la Crimée est une zone de guerre froide depuis la dissolution de l'URSS, voie de passage vers le Moyen-Orient, mais surtout zone de conflit pour le partage de l'arsenal nucléaire et maritime, héritage soviétique à forte valeur ajoutée. Si l'Ukraine bascule dans le camp occidental, la Russie perdra l'intégralité de son influence et deviendra un satellite de l'Empire (anglo-saxon). Poutine n'a jamais eu une politique offensive mais défensive, à l'instar des vieux notables assoiffés de pouvoir, de clientélisme et d'habitudes qui sont inéluctablement rongés par la force vive de la jeunesse. Contrairement à ce que pensent beaucoup, la Russie est extrêmement faible économiquement, puisant l'essentiel de sa fortune dans ses sols et sous-sols. La reconversion de son économie n'est pas faite. Poutine dirige une oligarchie qui lutte contre une autre oligarchie. Dans ce jeu, les russes sont des troufions au service des seigneurs de l'illusoire Grande Russie. Face à cette ultime soubresaut viril d'une Nomenklatura conduite par les seigneurs du Politburo (dont est issu Poutine), l'Occident va déployer, une fois encore, sa force de frappe dans les couloirs des ambassades et de l'OMC, laissant croire au public ("peuple"),  qu'il défend la liberté, la démocratie et la paix. Le rapport de force est devenu trop inégal pour la Russie qui ne peut faire illusion qu'au sein de ses frontières. Cela n'empêchera pas un éventuel conflit armé sanglant et un bouleversement radical qui ne laissera pas Poutine et sa garde rapprochée indemnes. La Libye a définitivement quitté l'influence "soviétique", la Syrie est en ruine, la Géorgie n'a finalement pas cédé, la Tchétchénie a été sacrifiée pour des poires, l'Iran commence à donner des gages aux USA, la Chine est maîtresse absolue de l'Est asiatique. Depuis l'Afghanistan quittée en 1989, la Russie (et non le communisme) qui régissait et dirigeait l'Empire soviétique, n'a fait que s'émietter. Poutine, comme les derniers empereurs romains, réagit comme un fauve acculé par des dizaines de chasseurs. Il n'a aucune chance, mais il ne se laissera pas vaincre les quatre pattes en l'air. 

Léonel Houssam

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