Êtes-vous certain d’être une bonne personne ?


Êtes-vous certain d’être une bonne personne ?

La plupart d’entre nous se pense dans le « camp du bien » pour paraphraser les envolées façon USA. C’est ainsi, chacun se perçoit dans son bon droit et, la main sur le cœur, promet qu’il ne déroge jamais à ses principes. Pourtant tout le monde ou presque déroge ! Un exemple simple et concret : Alors que l’on n’y croit pas soi-même, pourquoi élever ses enfants dans la croyance au Père Noël ? Les mêmes parents n’ont de cesse de répéter à leurs gosses qu’il ne faut pas mentir, que ce n’est pas bien de mentir, que c’est vraiment pas bien et bing ! On leur ment, on les convainc qu’un type fait le tour du monde en traineau pour distribuer à des milliards d’enfants des gigatonnes de cadeaux tractés par des pauvres rennes lapons…

Et me direz-vous : « C’est pas grave, c’est pour rendre le moment merveilleux, un peu magique ! » Donc mentir, c’est bien, c’est même très bien dans ce cas, n’est-ce pas ?

Ce mensonge collectif originel n’est pas aussi anodin que ça. Non pas pour le mythe du vieux monsieur à barbe, si gentil et si généreux. Ce mensonge dit une chose : Pour embellir, pour s’insérer dans la société, pour intégrer la vie parmi les autres, il faut délibérément, consciemment, obstinément raconter une immense baliverne à ses enfants jusqu’à ce que ce mensonge s’effondre vers 5, 6, 7 ou 8 ans. Certains d’entre vous se rappellent sans doute du jour où ils ont compris que le Père Noël était en fait une manipulation mentale de ses parents, ses instit’, sa famille, ses frères, ses sœurs, ses grands-parents, etc.

Me concernant, avec beaucoup de recul, je pense que c’est l’un des déclencheurs de ma morale à deux vitesses : trouver infect le mensonge perpétré par l’autre tout en élaborant moi-même des flopées de mensonges… Je me rappelle que ma mère, qui me grillait souvent quand je mentais pour cacher une mauvaise note ou n’importe quelle connerie d’enfant, me disait : « Tu ne sais pas me mentir, je vois tout et tu te fais griller à tous les coups. » J’ai donc intégré le fait de perfectionner le mensonge, y travailler pour qu’il soit le moins décelable possible.

Et c’est ainsi que, comme l’écrasante majorité de la population, je mens tout en affirmant que mentir, c’est dégueulasse, que c’est une manipulation, que c’est MAL ! Toutes les composantes de la vie sont ainsi construites de la même manière, par tous et tout le monde : « manipulation de masse, publicités, grands discours de pureté et levez la main et dites je l’jure ». En définitive, la morale, les principes, les « vérités » ne sont que des mensonges, des trahisons et des faux-semblants. J’en suis venu à penser à l’âge adulte que la morale, celle du « bien » est fondée uniquement sur le mensonge.

Tout ça a forgé une de mes convictions : ceux qui font la morale ou en appellent aux grands principes sont sans aucun doute des traites à leur propre morale…

Et vous, vous la connaissez la vérité ? Et si vous la connaissez, oserez-vous la dire sans filtre à ceux à qui vous mentez  ?  

 

 

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