Andy Vérol à Gwada (2) - "la tétée de bienvenue" | 01 février 2010
"C'est dommage que Robert n'ai pas grandi ici. Pas forcément avec une piscine, mais surtout avec des parents." Je capte ça dans le tas de pommes de terre que constitue une émission américaine en VO. La meuf adopte un marmot, un orphelin avec un gros pif et des dents d'amerloques (je sais pas, j'ai l'impression qu'ils n'ont pas les mêmes dents que nous ces cons). Elle adopte ce gosse et en même temps, elle va se faire opérer des nibards. Elle a un complexe avec ça. Ses seins sont chelous, c'est vrai. Ils filment en gros plan, mais floute les aréoles.
"Putain, c'est nul", je me dis.
Mais cette TV réalité a atteint l'âge de la maturité. On montre encore des gens que l'on prend pour des marginaux écervelés, mais en fait, il s'agit de nous. Là, la fille n'a pas encore trente ans, elle flippe de voir ses seins qui ressemblent à ceux d'une adolescente de treize piges, et elle veut adopter un petit garçon pas beau, mais abandonné par un père alcoolique et violent. Je me demande si elle lui donnera la tétée de bienvenue, avec ses nouveaux nib' gonflés comme des ballons de rugby... J'aimerais rester toute la journée, tous les jours, toutes les nuits, pour ne pas rater ce moment où ils montreront cette conne engouffrer son téton dur comme un cheming-gum trop mâché dans la bouche de petit "gros pif battu par daron".
Un baltringue avec une 206 CC tunée est venue se camper devant la case. Il a mis un putain de zouk saturé en basse à donf'... J'ai la tête qui va exploser. Une de mes deux oreilles est fort heureusement défectueuse.
Joras me secoue l'épaule: "Alo', t'étais défoncé hiè'... T'as t'op fumé ab'uti de blanc.
- Fais pas chier avec ma couleur de peau... J'y peux rien si mes arrières-grands-pères fouettaient les tiens pour produire ce sucre de canne infect et cet alcool qui te file une migraine d'enculé"
On se met à rire comme des gouines after the orgasm. Je m'asseois sur le bord de mon matelas (il y a des taches partout et pas de drap). Je n'ai évidemment serré aucune locale. M'y suis mal pris. J'ai du avaler l'équivalent de deux tiers d'une bouteille de rhum d'un litre à 3 euros 50 pièce achetée au Leaderprice de Gosier, et fumé une demi-douzaine de joints d'beuh...
"Tu viens avec moi l'ami?"
Turenne a déboulé. Apparemment, dans la défonce, j'ai sympathisé avec lui. Je me rappelle vaguement de ce moment où il disait qu'il avait baisé sa soeur pour la punir de coucher avec son meilleur pote... Un truc comme ça. C'est tellement fragmenté les souvenirs. C'est tellement abîmé la mémoire lorsqu'on se tape à l'eau de life à plus de 55% d'alcool (ma maîtresse, mon addiction, ma joie et mes peines).
"Putain, l'est où mon pantacourt?"
On m'a chouré mes fringues, mes bagues et mon porte-fouettes... Joras sourit, géné. Turenne sourit, triomphant.
"Je vais te donner des t'ucs à mett'e mec. Un beau tee-shi't de foot et un short."
Bizarrement, je ne me sens pas stressé. Je suis en France après tout. J'irai chez les flics, me plaindre, refaire faire mes papiers et demander à mon éditeur de m'envoyer des thunes pour me dépanner.
"On va où alors?
- On va voi' des combats d'coq mec."
Oh putain. C'est pas gagné pour pécho de la locale.
Andy Vérol











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