Andy Vérol à Gwada (4) - "Je suis devenu la poubelle dans laquelle on m'a jeté..." | 01 février 2010

Retrouver le punk blaireau initial que je fus. Hue!
Etre, peut-être, un brown punk comme Tricky ou un ours des Pyrénées bastonné par des bastos de berger. Je ne sais pas. Turenne rit à pleine bouche. J'aime bien son zouk à c't'heure du jour, juste lorsque le soleil "orange" le ciel juste à l'horizon, c'est bon. Bon, bon, bon. J'ai le souffle chaud du vent marin qui vient me sensualiser la face, et masser mes nerfs presqu'encore tendus.
Des vieux jouent aux dominos un peu plus loin. Une jolie fille à la peau caramel nous sert des bières dégueulasses. Marque de cette pisse: Carib. La mousse locale, l'enflure qui s'engouffre amère dans la gorge, avant de bastonner l'ulcère... On est là sur la terrasse de ce lolo de Saint-François... On reluque les familles venues faire mumuse et les touristes cherchant à retrouver un peu de libido en rinçant les caisses d'hôtels de merde.
Turenne, Joras, et tous les jeunes glandos avec qui je traîne, n'ont d'yeux que pour les culs, les bas de caisse de bagnoles trafiquées, et le rouge incandescent des splifs-donne-ton-cerveau-en-cendre-à-Dieu-et-ses-potos...
Je suis plutôt bien intégré bien que je ne comprenne pas un cachou de créole et que je passe mon temps à demander:
"ça veut dire quoi c'qu'il vient de dire?".
Ils ont les mêmes centres d'intérêt que les jeunes à New York ou ceux de Moscou ou de Cergy-Pontoise: "Amasser de la thune pour sortir d'une vie ennuyeuse"... en camparaison des lifes trépignantes des neuneus "people"...
Je suis comme le jeune du clip Day to Delight de Dub Pistols. Face au disque brûlant du dieu Soleil, la cervelle embrouillée par la mélancolie du bien-être... C'est à dire, que je suis si bien, heureux, transporté... J'ai pas l'alcool mauvais. J'ai le rhum peace et la conversation connasse du mec qui renifle l'amour universel.
Je suis devenu la poubelle dans laquelle on m'a jeté...


Andy Vérol

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