Martial Rossignol / Andy Vérol, exposition le 15 mai au Comptoir Général à Paris | 12 mai 2010
A l'occasion de la fête des Non-Parents organisée par Théophile de Giraud et Frédérique Longrée, en présence d'auteurs, journalistes, et de Noël Godin, Martial Rossignol exposera ses photos... La série s'appelle Charnier de bébés en plastique. Les textes sont de moi. Rendez-vous au Comptoir Général le samedi 15 mai ( http://www.lecomptoirgeneral.com/ ).
Pour introduire cette exposition et en donner le sens, voici les premières lignes (la suite sera à lire sur place, à partir de 19 heures, jusqu'à 23 heures):
Introduction au Charnier de bébés en plastique
Il y a peu, un charnier de bébés en plastique fut découvert et « immortalisé » par Martial Rossignol, photographe à l’œil aiguisé, précis… Une série de portraits de ces progénitures en pétrole vit le jour, à l’instar d’un nouveau-né.
Certaines étaient enveloppées dans de la cellophane, cette matière transparente, extensible et collante qui est, à ce jour, l’arme emblématique pour lutter contre les attaques bactériologiques, et nous prémunir des agressions extérieures… Une société sous cellophane, hygiéniste, luttant violemment pour le prolongement de la durée des vies pathétiques.
D’autres progénitures étaient en contact avec l’air. Ces corps de bébés en plastique sans cellophane avaient été abandonnés là, à même le sol.
Que n’invoque-t-on pas au nom des enfants ? La chair de la chair à canon, le fruit d’une rencontre entre deux paumés en âge de procréer.
L’autre jour, un lecteur malveillant, comme j’en collectionne un certain nombre, m’envoyait un e-mail colérique :
« Espèce d’enfoiré, je suis déçu. C’est à cause des mecs comme toi qu’on ne trouve pas de solutions pour l’avenir. C’est aussi avec des textes comme les tiens que nos gosses vivront dans un monde de merde sans aucun espoir d’amélioration. »
Outre le fait que j’étais flatté qu’il m’attribue un si grand rôle dans le destin du monde, j’ai été surpris qu’il invoque « nos gosses » pour disqualifier mes écrits. En effet, et sans ironie, j’ai eu à constater que l’on faisait souvent appel aux petites progénitures pour justifier d’évolutions désastreuses, en défaveur de la Liberté bien sûr, mais aussi du droit à ne vouloir faire partie d’aucune phratrie, aucun gang, aucun groupe, aucun groupuscule, aucune communauté, aucune seigneurie, aucune nation ni religion….
La série de photo de Martial, hormis le fait qu’elle saute au regard par sa justesse et ses qualités esthétiques, rappelle la violence d’une Humanité qui n’est souvent à la recherche que d’une seule chose : son « Salut » (Terme ô combien biblique que l’on grave dans l’esprit des enfants, sans vergogne, au cas où un prophète quelconque ne serait pas de retour sur Terre avant leur majorité)… Il faut aussi dire les choses qui fâchent lorsqu’on parle de bébé-humain.
Infos ici: http://nonparents.skynetblogs.be/











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