Le smicard est un con qui se prend pour une victime | 11 juin 2010

Les routes se déchirent. Il s'accroche à son volant, son violent qui sert à buter les hérissons teigneux sur le macadam des routes du nord de l'Espagne. C'est pas tous les jours que l'on tue quelqu'un. Les doits étaient recroquevillés, crochus... Ce n'était pas quelqu'un qui était mort sereinement...
A force de travail, il avait acquis les mécanismes du parfait connard, celui qui semble n'avoir aucun problème. Un format humain tout à fait adéquat. On demandait aux ouvriers de construire la Pyramide pour le lendemain... L'idée était la suivante : tu dois réaliser des projets pharaoniques, mais tu as des délais imposés aberrants.
Il avait eu à faire ça. On chiale le sort des chinois, des africains, de tous ceux qui triment dans des usines à con. Mais on ne se soucie plus des fantômes qui en chient à la chaine ici. Il avait été recruté pour buter. Cela venait de ses compétences en matière de conduite. De son vivant, il avait été pilote de Formule 1. Précision et agressivité étaient à l'ordre du jour.
"Le smicard est un con qui se prend pour une victime..."
ainsi parlait le chef des fantômes... Les motos pétaradèrent et sortirent du hangar à toute allure.
Andy Vérol

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