c'est papa qui m'a défait, et c'est maman qui m'a inventé mon sang malade | 31 août 2011
©photo: portrait de David Tibet
J'allume une clope. Demain, je vais au taf. Un taf comme les autres, qui sert à rien, qui bouffe la face et ruine les soirées. Et elle pense juste que je m'en fous de sa gueule. Si elle parle autant d'elle, si elle s'écoute autant avec ses "j'suis trop grosse hein?", et "au taf y'a eu ci, ça", et "faut célébrer l'anniversaire de ma tata". J'aimerais qu'elle soit le ventre de mon enfant, l'éjac' magistrale, mais elle reste l'enfant d'sa maman, l'angoissée permanente... Faut que j'roupille dans les jupons de ses souvenirs d'enfance... comme si j'avais pas mes draps sales de souvenirs, mes p'tites guiboles maigres et tympans pétés à 2 heures du mat' - et ses tampax puant qui remplissent la poubelle des chiottes - parce que ces vieux peuvent plus se piffrer. Se défonce la face sur moi. Elle m'a rencontré à la piscine. Elle m'a trouvé beau. Je faisais des plongeons branleurs, et elle kiffait... Des moins ensuite, elle portait le gros bide d'un fils à la con... Et je me noyais dans la bière... Mes bagnoles, mon biclou, mes potes et le flipper qui résiste à mes coups de reins. J'me fais chier. On était pourtant excités comme des porcs au début. On baisait partout, tout le temps. Quand je buvais, elle aimait ma 4L, quand je débattais, elle brillait des yeux sur mon Mendès. La disco, les Doors, les soirées Brassens, ... pour finir par se mélanger, sous le ciel nuageux de Nouvion. On avait quelques millénaires devant nous... On était la salive qui fait glisser les colères sur la merde d'une vie flasque... Jusqu'à ce que je lève la main, et que je frappe... Jusqu'à la mort.
Andy Vérol











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