« En attendant la guerre, vivons heureux » | 05 septembre 2011
Quand Philippe le ouf posa le canon entre de mes deux yeux, je n'en menais pas large. J'me disais que j'allais mourir puceau et ça me déprimait. "Tire pas, je veux baiser avant de mourir". Il retira le flingue qu’il rangea dans sa veste à franges de ringard et m’indiqua le lit du regard.
Quand je me relevai du lit mou, le dos ankylosé et le sexe repus, je me rhabillai et partis faire un tour aux Quatre Temps. Les boutiques brillaient de mille spots et les gens étaient beaux. Les rues de Grenoble sentaient les égouts, un homme, une femme, s’embrassaient sur un banc. Un avion de chasse abima mes tympans, volant très bas. La peur. La tour Egypte fut évitée de justesse. Les maisons blanchies, bâties à la chaux, rehaussaient le ciel spectaculaire. De toutes mes forces, je tirai la plaque d’égout et me faufilai rapidement afin de ne pas me faire choper. Philippe était là, dans la salle voûtée éclairée de bougies. Il tenait un bouquet de fleurs à la main, souriant, fier : « En attendant la guerre, vivons heureux ».
Andy Vérol











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