A qui ai-je l'horreur? | 22 juin 2012

Un mur souple et élastique comme un hymen (Nous réservions ce dernier à une élite d'incompétents). Des mains dans la mouise, une crise de nerf divulguée en plein trottoir. Une fesse flasque qui fut ferme, exhibée sur la planche en alu dressée pour l'occasion. Les yeux experts des « mateux » détaillent les restes et balancent le sempiternel discours sur la paix éternelle, les haies de roses, le petit chemin de pierre et mémé, là, dans l'encadrement de sa vieille porte, une robe à fleurs et des charentaises à carreaux. Elle a le sourire crispé de celle qui se prend un seau de soleil dans la gueule, ses rides creusés, les rondeurs baveuses de membres mal proportionnés. Une couleuvre sur la hanche, des briques tout autour, et ce sourire encore dément. « Maintenant, on range en attendant la cérémonie ». On s’assassine des yeux, et dire qu’on livre l’hymen à n’importe quel connard venu. Une pluie de sperme en guise d’extase et l’odeur fripée des draps écœurants… Confier l’hymen à n’importe quel connard… qui donne l’papa, qui donne la mama, qui donne l’fiston, qui donne la fistonne, qui donne la dindonne baisée par un dindon, qui donne un dindon qui ne sait plus quoi foutre de son foutre, submergé par une cascade de pensées cancres, crampé par des séances de sport pour muscler le flamboyant, appâté la mini-jupée et finir assassiné par un orgasme pathétique… Le temps des corps mélangés, le temps des cris étouffés… Une course folle qui se termine toujours dans ce mur souple et élastique comme un hymen.

Andy Vérol

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