Lesté au plomb des désillusions et des pogos Oï couillus | 08 janvier 2012



« Je ne suis fait pour personne, je suis personne, une pompe d'yeux plongée dans le bide du monde d'ici... J'suis pas un crevard, j'suis pas un junky, j'suis pas un rebelle, j'suis une pompe d'yeux plongée dans la clique humaine... J'suis là pour l'écrire. J'existe pas. La clique existe et se termine en mots et en charniers... Bien sûr quand le cancer rongera mon corps, j’aurai peur, quand un obus démolira ma gueule, j’respirai plus, bien sûr, quand la dépression se lovera dans toute ma viande, j’me jetterai dans le vide… Mais je n’existe pour personne. J’ai peur d’avoir peur un jour, mes rouflaquettes queutées par la calvitie, la sciatique sciant ma Star Trek de volonté… Sur le parking de poussière, juste devant, les ventres de rochers ronds et gris crament sous le soleil. Je sais, j’existe pas, j’suis qu’un sale mec mangé par une solitude volontaire, lesté au plomb des désillusions et des pogos Oï couillus fracturant mes os… La sinistre télé est sans cesse allumée, mon compagnon, ma maîtresse, ma femme fidèle depuis ma naissance en 1969… Lacérer l’sensuel à coups de l’écrire, d’la marmelade de sacs plastiques fondus, la fine fuite d’un cerveau qui n’a jamais servi au monde…  Mon fils me prend pour un con parce que je suis facho comme d’autres sont d’affreux hypocrites tolérants jusqu’à ce qu’on bute la viande de leur viande. M’appeler Daddy, c’est comme me livrer aux singes… Je les attend avec furibard, ces gosses à la con qui veulent tenter de me désaviner. Ils ont honte de se sentir le cul et le sexe avec les doigts, moi pas.»

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