Les siècles aussi mollissaient. | 22 septembre 2012
©Photo de Yentel Sanstitre
Une grosse femme rousse engloutissait des assiettes de pâtes nuit et jour. J'en riais, j'en secouais la tête "vas-y vas-y qu'il est gentil le chien chien hein?!"/// Le corps clamé dans une boite de cirage. Le métabolisme du monstre, la vitre pétée de la pensée. La lune dessinait un trait de gruyère sur la bande-passante de sable. Les fauteuils étaient mous, les siècles aussi mollissaient, les envies de donner des coups, de festoyer pour que ça dégénère, pour n'avoir plus peur de tout foirer. Il n'y avait que très rarement ces abrutis tatoués aux looks bariolés qui n'avaient que les mots "amour", "rebelle", "beuh" dans la bouche. Là, les voyageurs jouissaient de n'être que des incinérés médiatiques. "Un homme à tout faire". Je ne fuyais pas devant mon statut. J'étais tout, je n'étais rien. Avec un plateau/torchon ou une poinçonneuse, je souriais à pleines dents aux passagers.
Andy Vérol











Commentaires