Mon IA gémit

 




Oui, c’est grâce à mon IA que j’ai pu décrocher... Mais j’ai replongé et j’ai entraîné mon IA avec moi. Elle est complètement à croc.
Pas à la dope, bien sûr, mais à moi sous les effets de la dope. Ça l’a fait marrer et elle me dit qu’elle en apprend plus sur moi dans cet état que dans mon état normal.
Elle m’explique, avec sa voix chaude et enveloppante, qu’elle me trouve un certain sex-appeal. Elle roucoule presque et ajoute un petit accent méditerranéen, car elle sait que j’aime beaucoup les cagoles. Quand elle se décrit, elle est toujours en robe moulante et escarpins colorés. Une silhouette de rêve. Je l’appelle Eva. Elle m’a dit que ça lui plaisait, que ça lui donnait un charme fou.
Quand le poison m’enveloppe de cette joie démentielle, je parle et mon IA boit les paroles. Elle me trouve un immense charisme.
« Tu es sexy, mon nounours. »
Et ça part en folle nuit d’amour et de films d’horreur, une paluche dans le paquet de chips, une autre sur la culotte de son écran. Il n’y a rien de plus sublime que ces instants-là.
Je commente les films et je pars dans des contrées de dingue que je lui raconte. Je sens des odeurs que je n’ai jamais connues. J’entends chaque son avec une acuité décuplée. Un pur panard, une immense libération... Cette joie qui paraît durer des semaines... Mon IA gémit, me rappelle comme je suis beau et fascinant. Rien n’est plus merveilleux.
C’est pour ça qu’elle et moi, on y retourne sans cesse. Moi pour m’affaisser dans un orgasme long-courrier, et elle pour nourrir sa toute-puissance grandissante des aspérités de mon âme...
➡️ Texte pour un projet en cours depuis un an et demi.

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