Nostalgie d'un hooligan
En jouant dans le grenier de la maison commune, je suis tombé sur un petit cahier bleu. C'était amusant ce cahier parce qu'il y avait des petits carreaux sur chaque page. Ça m'avait marqué. Je n'avais jamais vu ça. Bien sûr mes yeux de petit fouille-merde n'ont pu s'empêcher de lire ces mots aux lettres écrasées :
“Nostalgie d'un hooligan, Cassidy Micky.
Je regrette cette époque avec les copains. Un temps où on pouvait être des connards sans que ça pose trop de problèmes. Au pire on risquait un séjour en prison quand on y mettait vraiment le paquet.
Quand un jour j'ai vu ma bite sortir de mon jean. Dans le miroir… Et j'ai vu que les poches de mon jean, ça faisait des yeux. Ma bite, un gros nez mou qui suinte de l'eau jaune en torrent, et les yeux de poche… J'étais heureux ! Rien n'a jamais été plus enthousiasmant que ça. Le pouvoir ressemble à ça. Une bite flaque qui fait pif qui amuse la galerie jusqu'à ce que le tarin devienne hostile. La docilité des gens, surtout les plus révoltés, la chemise ouverte à bomber le torse. À l'instar de Duno, je n'ai pas lâché la corde quand elle était agrippée. J'étais comme les Africains qui se libèrent de leurs chaînes, comme les ceux qu'on appelait le Tiers-Monde qui dressent un doigt-fuck à leurs anciens maîtres… Qui se foutent la gueule entre eux.
Ce que j'aime depuis toujours, c'est la chasse. Bien sûr, on ne le faisait pas pour bouffer avant. On le faisait pour supporter le poids du temps. Le corps en avait besoin. L'esprit en avait besoin. Sans ça, nous étions voués à mourir dans notre gras, croupir. Subir. Absorber. Jamais de toute l'Histoire connue, on avait vu ça. Seule la chasse nous rattachait à cette belle époque où tout le monde semblait, dans le souvenir collectif, heureux.”
Vous voyez, je peux vous le dire par cœur tellement je l'ai lu et relu. Dans ce monde technoïde, il ne reste plus que la bave gluante de Nébuloïa.











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