Déflagrations dans mon esprit
l’odeur de la terre. Ça n'était pas des phrases, des gestes, des postures. C'était de m'occuper de Félix, le boxer chiot de Raoul. Sans que je l'appelle, dès qu'il me voyait, il courait vers moi en aboyant, le regard rieur. S'ensuivaient des câlins, des coups de langue sur le visage et puis la communion de deux êtres, deux espèces, deux réalités du monde différentes. C'était ça ma prière. La communion physique et mentale jusqu'à n'en faire qu'un. Jusqu'à ce qu'il s'agrippe à ma jambe, le radis luisant en rut.
Il y avait de la vie, de la Terre entière, de l'univers dans cet instant-là. « T'es vraiment qu'un illuminé toi. » me balançait Raoul pour me ramener sur le plancher des grosses vaches, des tarés, des violents, des monstrueux... Les souvenirs du front revenaient comme des déflagrations dans mon esprit.
On peut s'échapper s'il y a au bout un refuge. J'avais les jardins que j'entretenais, que je choyais. Un espace d'équilibre, un chemin sur une crête que j'empruntais avec Raoul et Félix. Le soldat pouilleux, le dingue rassurant et le chien galactique. »











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