Je n’avais jamais vu aussi dégueulasse et pervers
C’était le délire de mon grand-père. Il parlait de ces années comme d’un âge d’or triste, déclinant mais encore bercé d’illusions. Difficilement, je parvenais à imaginer ces époques étranges où les Hommes avaient vécu comme des dieux. Et mieux encore, dans ses yeux, je voyais qu’il se prenait vraiment pour un dieu. La profusion, le progrès technologique, énergétique, et tous ces trucs bizarres qui les excitaient à l’époque.
Il parlait d’une musique qui s’appelait le rock, et d’une autre, la techno, et encore d’une autre au nom tout aussi con : le rap. S’il fredonnait, ça me semblait très proche des hymnes des seigneurs… Enfin bref, je m’égare…
Le dentiste n’en était pas vraiment un. Il s’était inventé cette profession parce qu’il était avant tout un fétichiste des mâchoires. Tout le monde pouvait l’entendre parler avec passion de ces dentitions, ces crocs comme il aimait le dire. La bave et le bruit des os. Ce qu’il aimait, c’était l’outillage du dentiste. Ses fraises et ses machins-bidules qui pouvaient faire sauter n’importe quelle gencive… Un susurrement, et les doigts pleins de savon qui frottaient sensuellement la gouttière. « Pour bien extirper les restes de salive. » Tel un bijou, il la glissait sur mes lèvres et…
… Ces traces peuvent être indélébiles. C’est si con de l’écrire, si con que ça en est évident. »











Commentaires