Les scribouilleux du scandale

 


👉🏼 Entre les fouilles-merdes et les langues de p*te, j'ai toujours eu beaucoup de mal à choisir. Pour ça, je peux cogiter des heures, ruminer une colère sourde et froide et mastiquer une peur irrépressible...
Perdu.
Quand j'ai lu ça, je me suis effondré. Physiquement. « La face cachée de Don Alexis. Derrière le grand auteur, un terrible prédateur. » Mon ami mort traîné dans la boue par ce torchon numérique. News One, cette radio poubelle qui prend l'information et la tord jusqu'à en façonner un poison idéologique...
Et c'est sans doute en partie de ma faute. C'est de là que la peur vient. Celle d'avoir provoqué ce désastre, d'avoir été si naïf, si manipulable, si orgueilleux aussi. Parce que je dois l'avouer, je voulais qu'on me reconnaissance comme le seul et véritable ami de Don Alexis, l'auteur majeur de cette époque, le plus polémique, le plus libre, le plus indépendant de tous. La provocation sans en avoir l'air. La petite phrase glissante qui fait causer les scribouilleux du scandale... Mais qu'on l'aimait. Sa littérature passait tantôt pour brutale, tantôt pour poétique et étonnante. Il traînait plus dans les bauges nocturnes que dans les fêtes huppées et décadentes de l'intelligensia décadente. Tout le monde voulait le connaître. Ses détracteurs voulaient en découdre en face. En vain, ça ne l'intéressait pas. Parce qu'il était tout autre que son image publique. Plutôt solitaire, il n'aimait que les êtres éloignés du monde sirupeux que sont les milieux de l'art. .
Et puis il était mon ami. Il délaissait souvent son bel appartement pour squatter dans le mien. Avec les bonnes bouteilles, les bons plats faits maison, la dope et les parties de tarots ou de Scrabble sur une playlist parfois hardcore, parfois mélodique.
À suivre ?

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