Je sentais la chair flétrie, les furoncles, les haleines infectes


 

📚📖➡️ Il aurait fallu qu'on évalue l'étanchéité de mon esprit et ainsi s'assurer que je ne tomberais pas dans une forme de folie. La nourriture se fit plus rare et les vins étaient servis avec parcimonie. Ça sentait la fin. Je n'avais plus à subir les leçons, les cours de solfège et d'algèbre. Il y avait de bons côtés au fait d'approcher de la fin.
Des fuites… Mes pensées pourrissaient à vue d'œil. Je pouvais proférer des insultes, brutaliser un camarade de classe, tout le monde s'en foutait. La fatigue et les maux de tête avaient eu raison de la vivacité des combattants…
… Ça sentait la fin et une éternité de souffrance avant de trépasser.
Je le vis comme si c'était hier. Ça impacte beaucoup les comportements, les pensées et les folies de chacun. Je sentais la chair flétrie, les furoncles, les haleines infectes et la somnolence de l'esprit. Je rongeais mes ongles jusqu'au sang. C'était sensuel, cette douleur. Je brillais de souffrance. Heureusement, il y avait les amphétamines. Heureusement, ou malheureusement. Ça m'éclipsait quelques heures de l'intense assaut du cerveau déglingué par les traumatismes…
… Comprenez bien que tout ça est toujours en moi. Ça n'a pas disparu. Ça perdure. Petite bestiole à la mâchoire de requin qui ne lâche jamais sa proie.
➡️ Texte additionnel à mon livre Notre République.

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