Disparition d'un ami : l'artiste Olivier Allemane

 

⏩ J'ai un ami que je n'ai pas vu souvent mais que j'ai connu tout le temps depuis, je crois, 18 ans, sans doute 17 ans. Olivier Allemane était un artiste sans concession, un défenseur total et absolu de la liberté de création. Même en Chine, même ailleurs, ils le savaient que c'était un immense artiste...
Et pourtant, je retiens un être lumineux, d'un enthousiasme sans relâche, d'une droiture définitive. Olivier riait, aimait déconner, et ouvrait la porte des gros losers pour en faire non pas des winners mais des personnes qu'on estimait avec douceur malgré l'âpreté, qu'il contribuait sans le savoir à sauver la vie.
C'est ce qu'il a fait pour moi sans qu'il l'ait jamais su. J'étais au fond d'un trou quand Franca Maï, morte depuis, Axelle Felgine, disparue depuis, Mickey, lui aussi parti, Joe Bassin, que j'ai adoré comme un ami sans jamais l'avoir rencontré, Roger Knobelspiess, le voyou artiste aussi libre, magnifique et charismatique qu'une éruption solaire (je n'ai pas terminé la liste pour vous épargner le gros pathos aussi lourd que des couilles de quiqua aussi pervers qu'androposé)
... Olivier et Anne van der Linden m'ont un jour embauché dans la plus belle revue underground que j'ai vue, lue, regardée, éjaculée de ma teube d'écrivain passé de loser à adopté. Olivier a réuni des tas d'artistes orphelins d'éditeurs, de producteurs, de galéristes, de médias, de visibilité... Cette revue qu'ils ont porté Anne et Olivier était un des derniers miracles quand, déjà l'époque était plongée dans l'obscurité que la plupart ne découvre que maintenant.
Pour l'anecdote, puisqu'on est sur l'émission "Les enfants des abîmés pas nostalgiques mais c'était quand même marrant", nous fêtions le 5ème numéro de Freak Wave au Musée de l'érotisme à Paris. Hormis l'expo, le thème alcoolique était la vodka. Ushhh. À l'époque, ben j'étais comme à l'époque. Pour dire, aujourd'hui je suis un enfant de cœur. Dystophotographie s'en souvient encore...
Daniel Darc était mort depuis peu. La vodka par litrons, ça fait oublier les problèmes mais aussi ce qui résout les problèmes. Pour ceux qui connaissent les quartiers de Pigalle, Blanche, rue Lepic et place Clichy, j'ai fini au Carolus, jusqu'au matin avec un ami de Daniel Darc... C'est cool hein ? Mais fauché, défoncé par des dizaines de bières et de shots de vodka, j'ai attrapé le volant de ma 206 pourrie dans une impasse de la butte Montmartre et j'ai explosé l'aile gauche de ma poubelle sur les b.ites géantes qu'ils mettent pour qu'on ne se gare pas... Je m'appelais alors Andy Vérol et j'étais féroce. Mais Olivier et Anne, ce fut la paix hardcore dont j'avais rêvé.
C'est ça le souvenir d'une personne qui nous effondre de larmes, ça fait penser à des bons moments que l'on raconte à tous et que "tous" ne comprend jamais.
Mon cher Olivier, au paradis, on n'a jamais su si c'était une news ou une fakenews, mais nous savons que tu n'es pas mort et que je ne le suis pas encore, mais que chaque atome qui nous fait est issu du crachat flamboyant de tous les atomes du soleil... C'est ce que tu as été et tu le seras toujours. 🌞 🔆 ☀️ ⛱️ 🏜️ ☠️ Quoiqu'il en soit, la mort est tout de même une bonne nouvelle. Bise Olivier.

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